Zoom sur les carrières juridiques en entreprise

Les possibilités de carrière en entreprise pour les détenteurs d’un master en droit sont multiples. Le juriste d’entreprise en est la figure emblématique : par son rôle de conseil, il accompagne la direction et les opérationnels, sécurise les projets et anticipe les risques.

Mais le champ des possibles est bien plus vaste : par exemple la conformité (compliance), la protection des données à caractère personnel, les affaires publiques, l’éthique, ou encore les legal operations sont autant de domaines où les compétences juridiques trouvent une application directe et valorisée.

La richesse des parcours se manifeste aussi dans l’évolution verticale : le juriste d’entreprise peut progresser vers des fonctions managériales : responsable juridique, directeur juridique, directeur juridique groupe ou encore secrétaire général.

Directeur juridique ou general counsel

Le directeur juridique est le chef d'orchestre de la fonction juridique au sein de l’entreprise. Il définit et met en œuvre la stratégie juridique, en cohérence avec la stratégie de son entreprise.

Souvent membre actif des instances dirigeantes (comex…), ce manager expérimenté anime et développe les compétences de ses équipes de juristes (contrats, corporate, contentieux, propriété intellectuelle, M&A, immobilier, etc.), en France et à l’international. Il joue un rôle de conseil auprès de la direction générale et des instances de gouvernance. Sa mission consiste à prévenir les risques, protéger les actifs de l’entreprise et accompagner les projets stratégiques, tels que les opérations de croissance externe, les restructurations ou les partenariats internationaux. Il impulse les chantiers de transformation de la fonction juridique (digitalisation, automatisation, outils de pilotage, etc.) pour renforcer son efficacité et sa valeur ajoutée.

Selon l’organisation de l’entreprise, le directeur juridique peut intervenir à l’échelle du groupe, d’une business unit (BU) ou d'une filiale. Dans les structures les plus importantes, on trouve aussi des directions juridiques spécialisées par expertise.

Ressources complémentaires :

Legal operations ou legal ops

Legal ops est un terme utilisé pour désigner soit :

  • une personne physique appelée legal ops officer ou legal ops manager, qui centralise les missions de legal ops ;
  • un ensemble de missions dont l’objectif est de permettre à la direction juridique d’être mieux organisée, structurée et de délivrer le meilleur service juridique à ses clients.

Le legal ops, legal ops officer ou legal ops manager a pour responsabilité d'optimiser l’organisation et les processus de leur direction juridique, d’en assurer la digitalisation, de participer à la construction de sa stratégie, d’assurer sa communication et son marketing, de gérer le knowledge management et de diffuser la culture juridique.

Le juriste d’entreprise peut devenir legal ops, s’il dispose des compétences et soft skills suivants :

  • le sens de l’écoute et de la synthèse ;
  • l’intérêt pour l’innovation et les nouvelles technologies ;
  • la maîtrise de la gestion de projet ;
  • l’aisance relationnelle et communicationnelle…

Ressources complémentaires :

→ Tout savoir sur les legal ops grâce à la commission AFJE legal operations & innovation.
→  La fiche de poste du legal ops.
→  Comment devenir legal ops quand on est un juriste en poste ?

Compliance officer

La conformité ou compliance désigne l'ensemble des politiques, procédures et contrôles mis en place par une organisation pour assurer le respect des obligations légales, réglementaires et déontologiques qui lui sont applicables, dans une logique de prévention des risques juridiques, financiers et réputationnels. Elle repose sur une approche par les risques : identifier, évaluer, hiérarchiser et traiter les expositions de l'organisation au risque de non-conformité, avant toute matérialisation en sanction pénale, administrative ou en préjudice réputationnel.

Le compliance officer, autrement appelé directeur ou responsable conformité, est le garant opérationnel de ce dispositif. Fonction transversale par nature, elle articule expertise juridique, vision stratégique et capacité d'influence. Le compliance officer conseille la direction générale, accompagne les équipes opérationnelles et assure le dialogue avec les autorités de régulation. Il traduit les exigences normatives en politiques concrètes et construit, dans la durée, une culture de l'intégrité au sein de l'organisation.

Ses missions couvrent l'ensemble du cycle de conformité : veille et analyse réglementaire, cartographie des risques, conception et déploiement du programme de conformité, contrôle de son application effective, gestion des alertes et des enquêtes internes, formation des collaborateurs et reporting aux organes de gouvernance.

Les domaines d'intervention varient selon la taille, le secteur et la dimension internationale de l'entreprise. Ils incluent notamment la lutte anticorruption (loi Sapin II, FCPA, UK Bribery Act), la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme (LCB-FT), la protection des données personnelles (RGPD), le droit de la concurrence, les sanctions internationales, le devoir de vigilance, ainsi que, plus récemment, la conformité extra-financière dans le cadre des directives européennes CSRD et CS3D.

La multiplication des cadres réglementaires élargit le périmètre d'intervention du compliance officer et renforce son rôle stratégique au sein des organisations.

Ressources complémentaires :

Passerelle vers le métier d'avocat

À noter qu’il existe une passerelle permettant aux juristes d’entreprise ayant au moins huit années d’expérience au sein d’un ou plusieurs services juridiques d’accéder au métier d’avocat.