Merci Maurice

 

MERCI MAURICE

 

Ediorial de Marc Mossé, président de l'AFJE - JEM 36 Mai 2020

À l’heure d’envoyer à l’impression, après avoir fini d’écrire l’éditorial, la terrible nouvelle est venue nous surprendre et nous arrêter : Maurice Bensadoun venait de nous quitter frappé par le Covid-19. Les lignes écrites sonnaient déjà un peu vide. Venait juste l’envie de partager notre affection pour un homme qui aura marqué la vie de l’AFJE et de notre profession. Nos sincères et amicales condoléances vont à son épouse et à sa famille. Aussi, nous avons décidé d’adapter en dernière minute la composition de ce numéro du JEM afin d’inclure un hommage à Maurice avec les mots de l’amitié exprimés par celles et ceux qui l’ont côtoyé, parfois depuis le début de son engagement dans notre association. Je veux, pour ma part, dire combien il aura été un formidable compagnon de route, chemin trop bref mais dont je garderai de si beaux souvenirs. Lors du premier conseil d’administration auquel je participais, je me souviens avoir été assis en face de lui. Je ne le connaissais pas encore vraiment. Sa voix forte teintée d’une légère gouaille, ses remarques fines et précises, son humour non dénué d’une pointe de provocation m’avaient vite renseigné sur une personnalité de l’AFJE à l’évidence incontournable. Je n’allais pas arrêter de le croiser, et devenu président, j’ai pu apprécier son engagement sans faille pour l’association ; et au-delà pour le métier de juriste d’entreprise. Répondant toujours présent pour prendre à bras-le-corps un sujet, comme il le fit pour la réforme du droit des contrats, il était l’inlassable ambassadeur du rôle des juristes dans l’affirmation de l’importance du droit dans la vie de notre pays et de notre économie. Il a accompagné l’évolution de notre profession, s’est battu pour le rayonnement du droit continental. Il a été l’une des figures marquantes du monde des juristes et du droit. Je garde en souvenir encore récemment cette audition au Sénat, sur les pistes de réforme de la responsabilité civile, pendant laquelle les parlementaires et administrateurs notaient scrupuleusement ses propos qui éclairaient leurs réflexions. À côté de lui, comme eux, je l’écoutais et j’apprenais. Un passeur du droit. Il y a quelques semaines, il continuait de recruter des talents pour notre association, pour nos commissions. Notre ultime rencontre, ce fut lors de notre dernier conseil d’administration tenu à distance, confinement oblige. Lui, qui préférait le réel au virtuel, apportait encore à nos travaux, dans cette petite fenêtre sur nos écrans, l’énergie de son visage plein d’humanité et sa voix singulière. Encore et toujours. Merci Maurice !