Le Mot du Président




Notre profession se nourrit d’un intéressant et double paradoxe.

 Le gigantesque tumulte qu’ont connu nos entreprises au cours de ces derniers mois a conduit celles-ci à se restructurer, à réduire leurs effectifs, voire à supprimer des pans entiers d’activité. Notre profession n’a pas échappé à la nécessité de payer son tribut à cet environnement hostile. Certains de nos collègues en ont été les victimes.

 Or, parce que notre métier nous amène par essence à nous confronter à l’adversité, ou de la conjoncture, nos compétences en sortent aujourd’hui renforcées. Jamais autant qu’aujourd’hui les juristes n’auront été à ce point sollicités par les entreprises, que ce soit pour assurer la protection – voire la survie - des activités en danger, ou pour travailler à préparer l’avenir. Dans ce contexte de crise profonde, le droit s’affirme chaque jour davantage au sein de l’entreprise comme un réel outil de stratégie, sans lequel ne peuvent être surmontées les difficultés d’envergure.  

 Dans le même temps, alors que dans la plupart des entreprises les perspectives de croissance ont dû être revues à la baisse, le développement des technologies poursuit, lui, sa courbe exponentielle, semblant se jouer de la crise et de ses méfaits. A nos entreprises, il apporte son lot de questions nouvelles, et souvent inattendues, qui rendent chaque jour plus indispensable le recours à nos services, qu’il s’agisse de comprendre et de maîtriser les réglementations nouvelles ou de proposer des solutions novatrices.

 Ainsi notre métier a-t-il de beaux jours devant lui.

 Encore faut-il accompagner ces évolutions. Car, en corollaire de celles-ci, se dessine l’exigence toujours plus forte d’une constante mise à niveau de notre « expertise ».  Le dossier que notre magazine consacre à la propriété intellectuelle, domaine aux  applications par essence évolutives,  illustre pleinement cette nécessité.

 Encore faut-il également rester unis et mobilisés pour nous faire mieux connaître, et mieux faire apprécier nos contributions. Notre Assemblée Générale du 18 novembre, auquel ce numéro consacre plusieurs pages, restera à cet égard une date marquante dans la vie de l’AFJE. Il en va de même de notre colloque du 30 septembre dernier sur le thème « le droit peut-il rétablir la confiance ? », qui fait l’objet d’un très utile et  intéressant compte rendu.   

 Alors que se profilent quelques signaux annonciateurs d’une sortie de crise, notre métier suscite à la fois intérêt, considération, et parfois même convoitise. Par delà de légitimes inquiétudes, le rapport Darrois, déjà largement commenté dans cette revue, ouvre des perspectives d’avenir qu’il nous faut continuer d’explorer et d’analyser en combinant vigilance et esprit de vision. L’AFJE s’y emploie avec pour objectif premier de contribuer à ce que 2010 soit une année particulièrement riche et positive pour notre métier comme pour ses adhérents.